Deux prêts d'une collection particulière

Jean Ranc (1674-1735), Portrait de Louis XV, roi de France

Jean-Ranc_Louis XV enfant

Un couple de collectionneurs, amateurs de peinture du XVIIIe siècle, a généreusement proposé au musée Fabre de présenter deux portraits dans son parcours.

Le Portrait du jeune roi Louis XV a retrouvé son auteur, Jean Ranc, à la suite de son passage en vente en 2018. Après avoir été présenté lors de l'exposition dédiée à cet artiste au musée Fabre, il est désormais exposé aux côtés d'autres tableaux du portraitiste montpelliérain, venant enrichir l'ensemble de six toiles exposées au musée Fabre. Il s'agit d'une réduction du grand tableau peint par l’artiste et présentant le jeune monarque sur son trône exécuté en 1718 et conservé au château de Versailles. Cette pratique était courante, notamment pour les effigies royales, afin de les diffuser dans toute l'Europe. Louis XV est représenté à mi-corps, vêtu du manteau de son sacre, et approchant les mains de la couronne, symbole de son pouvoir. Ranc sait habilement mêler la représentation du monarque selon ses codes traditionnel à une représentation tendre de l'enfance, offrant au jeune roi un doux sourire et une carnation nacrée.

Le tableau est exposé en salle 17

François Hubert Drouais (1727-1775), Portrait de madame Du Barry tenant une corbeille de roses

François hubert Drouais-Portrait de Mme Du Barry

C'est près de cinquante ans plus tard que François Hubert Drouais peint le portrait de l'ultime maîtresse de Louis XV, madame Du Barry. Après une première rencontre au printemps 1768, quelque semaine avant la mort de la reine Marie Leszczynska, le roi, tombé sous le charme, se résolu à en faire sa maîtresse officielle. La sensualité de Jeanne Bécu, devenu bientôt madame Du Barry, éveilla en effet chez le roi une ardeur qu'il croyait avoir perdue. La maitresse royale comprit vite qu'une excellente manière d'assoir sa position à la cour était de se faire tirer de multiples portraits. Elle engagea ainsi l'ancien portraitiste de Madame de Pompadour, François Hubert Drouais, dont les portraits raffinés étaient parfois critiqués pour être à la fois trop flatteur pour leurs modèles et quelque peu figés dans leur idéalisation. Drouais n’en contribuait pas moins au renouvellement de ce genre pictural, en représentant ses figures dans des contextes intimes et naturels, loin de la pompe d’un Rigaud ou d’un Nattier. Ce portrait fut exécuté en 1770. La favorite y est représentée tenant une corbeille de roses, vêtue d'une simple gaze transparente offrant une forte tonalité érotique à cette effigie et valorisant les charmes de la Du Barry. Les faveurs du roi seraient cependant de courte durée, puisque Louis XV décéda quatre ans plus tard, en 1774, à l'âge de 64 ans.

Le tableau est exposé en salle 20 à partir d'octobre 2020